Cette vidéo rare montre le dressage cruel des « éléphants à touristes » en Thaïlande

Publié il y a 2 semaines par Chloe Villemant
Classé dans Thaïlande

De nouvelles images rares du dressage cruel des « éléphants à touristes » en Thaïlande viennent d'être publiées par la World Animal Protection. Filmées en caméra cachée, elles appuient la demande urgente de l'association à cesser immédiatement ces pratiques barbares. 

Faut-il encore énumérer tous les points négatifs de la pratique des « éléphants à touristes » ? Très courante en Thaïlande et dans d'autres pays d'Asie, cette activité proposée aux touristes étrangers fait le bonheur de certaines compagnies touristiques, et le malheur des éléphants, condamnés à vivre une vie d'esclavage et de soumission.

Si les moeurs commencent à changer sur cette pratique, il reste encore beaucoup de travail à faire sur le terrain où les animaux sont maltraités et soumis à un stress important, lié au dressage cruel des « mahout » (dresseurs).

Une vidéo pour changer les mentalités

Pour voir la réalité en face, l'association World Animal Protection a diffusé, ce mercredi 24 juin, des images prises en caméra cachée l'année dernière en Thaïlande. Ces dernières montrent les conditions de dressage et de détention des éléphanteaux, loin du folklore local. 

Une seule chose ressort : la violence du dressage des éléphanteaux qui doivent se soumettre pour obéir à l'homme.

Comme le rapporte l'AFP : « un éléphant n’obéit pas naturellement, il se soumet. Pour le dresser à des fins touristiques, le mahout (« dompteur ») utilise la technique du phajaan, qui consiste à « briser son esprit ». Séparé de sa mère, soumis à un stress important, il est enfermé dans un étroit enclos, maintenu par des chaînes et des cordes ».

Dans cette vidéo, on voit le mahout piquer l'éléphanteau avec une tige possédant une pointe aiguisée en métal pour lui faire intégrer les commandes de base (les saignements ne sont pas rares).

D'après Jan Schmidt-Burbach, membre du collectif WAP (AFP) : « Le but est d’obtenir une domination complète grâce à des récompenses et des punitions. Il faut lui faire comprendre que désobéir est douloureux ». La mort dans l'âme, il ajoute que « cette pratique engrange des dommages physiques et psychologiques » aux jeunes animaux qui se voient totalement mis à terre par les traitements infligés. 

Une autre ère se prépare-t-elle ?

On compte près de 3000 éléphants « domestiques » (+30% en 30 ans) travaillant dans l'industrie du tourisme thaïlandais, un triste record. Mais la pandémie actuelle a changé la donne : en l'absence de touristes, plus de 1000 éléphants sont retournés dans des provinces plus reculées pour y trouver à manger, loin des villes surpeuplées et étouffantes.

Il reste à espérer que cette pause soit une prise de conscience pour le gouvernement pour endiguer une pratique qui n'a plus sa place dans la découverte de ce pays en 2020.