Les Suruis sont un peuple du nord-ouest du brésil, considérés comme étant les gardiens de l’Amazonie les plus connectés du pays. En effet l’un des chefs de la tribu des Suruis, qui compte quelques 1200 membres, Almir Narayamogo, est l’un des rares à avoir pensé que la modernité pourrait contribuer à la sauvegarde de sa forêt. 

Quand un chef indien fait appel à Google pour sauver la forêt

Ayant réalisé des études de biologie en ville, l’homme découvre internet et ses possibilités infinies comme outil de communication. Il lui vient alors une idée folle, et fait des pieds et des mains pendant plusieurs années pour être reçu au siège de Google. Son but ? Obtenir une carte détaillée de sa région sur Google Earth afin d’être en permanence informé de l’état de la forêt qu’il protège. Touchée par son discours, l’équipe de Google s’est même décidée à fournir la tribu en ordinateurs, GPS et serveurs informatiques. Elle envoie également des professeurs qui viendront enseigner l’informatique à qui souhaite apprendre.

Grâce à ce matériel, la tribu est capable de traquer les bûcherons qui coupent les arbres illégalement, de les prendre en photo et ainsi d’apporter les preuves de ce braconnage végétal. Ainsi en 2014, ils parviennent à protéger 2500 km2 de la plus grande forêt tropicale du monde. Malheureusement, ce n’était pas suffisant.

Les ravages de la bêtise humaine

Car malgré une surveillance améliorée de leurs terres, ce sont 300 camions de bois coupé illégalement qui y disparaissent chaque jour. Ils recherchent également des pierres précieuses : un drame pour la préservation de cette ressource millénaire, au coeur du poumon de la Terre. 

Pour rappel, une forêt primaire ou vierge comme l’est l’Amazonie, est le fruit de milliers d’années d’évolution, puisque toujours intacte et jamais exploitée jusqu’à l’arrivée de l’homme. Par opposition, une forêt secondaire qui repoussera après avoir été décimée, mettra plusieurs décennies à se régénérer totalement. Cette dernière sera forcément différente, faisant disparaître plusieurs essences de bois endémiques et considérées comme sacrées par les autochtones.  

Le street-art pour interpeller le monde

Depuis qu’il est connecté, c’est le chef à la tête de la tribu, Almir Narayamoga Surui, qui découvre le street-art de Philippe Echaroux sur internet. Il fait appel à lui afin de réaliser un projet photographique dans le respect de l’environnement, qui pourrait sensibiliser le monde au sujet de la déforestation.

Honoré de cette demande, en 2016 l’artiste se rend sur place et passe plusieurs semaines aux côtés du peuple Surui. Son objectif est d’utiliser la lumière comme moyen d’expression et son message est ici le suivant : “abattre un arbre, c’est comme abattre un homme.”

De cette expérience, il propose une vision sacrée de la forêt, mêlant l’homme, l’art et la nature dans de splendides images :

Bien que le titre de sa vidéo exprime le fait qu’il fut le premier à créer du street-art en Amazonie, il fut plus précisément le premier à créer du street-art avec le peuple Surui. En effet, quelques années plus tôt, Roberta Carvalho une jeune artiste Brésilienne, réalisa une oeuvre “semblable” de jeux de lumière en composition avec la jungle amazonienne, avec une volonté d’imager la symbiose et l’interdépendance entre les espèces et le monde des plantes.

Que faire pour soutenir la forêt amazonienne

Tandis que plus au nord, en Colombie, d’anciens FARC s’investissent désormais dans la lutte contre l’exploitation illégale de la forêt amazonienne, les tribus brésiliennes manquent cruellement de soutien et ont vu leurs terres partir en cendres ces dernières semaines. 

Sur sa page Facebook, l’ONG Rain Forest Alliance propose quelques solutions à la portée de tous pour soutenir le reboisement de la forêt suite aux incendies : 

L'Amazonie a besoin de plus que nos " pensées et prières." alors qu'est-ce que tu peux faire ?

En tant que réponse d'urgence, faites un don aux groupes de première ligne qui travaillent pour défendre la forêt.

Pensez à devenir un partisan régulier des initiatives forestières communautaires de Rainforest Alliance ; cette approche est scientifiquement prouvée comme la défense la plus efficace contre la déforestation et les incendies de forêt naturels - mais elle exige une collaboration profonde et à long terme entre les communautés et les secteurs publics et privés.

Restez informés et continuez à partager des publications, à identifier les agences de presse et les influenceurs.

Soyez un consommateur conscient, en prenant soin de choisir les produits des entreprises engagées dans des chaînes d'approvisionnement responsables. Éliminer ou réduire la consommation de boeuf ; l'élevage de bétail est l'un des principaux moteurs de la déforestation amazonienne.

Quand le temps des élections arrive, votez pour les dirigeants qui comprennent l'urgence de notre crise climatique et sont prêts à prendre des mesures audacieuses - y compris une bonne gouvernance et une politique de l'avenir.