Portrait d'une digital nomad : Maé Calaydjian nous parle de son expérience en Irlande

Publié il y a 4 semaines

À travers des portraits, Voyager Loin veut partager la vie des digital nomads des quatre coins du monde et vous faire découvrir ce mode de vie en pleine expansion depuis quelques années. En 2030, les chercheurs prévoient plus d'un milliard de digital nomads sur la planète. Une toute nouvelle façon de voir la vie et concilier le voyage et le travail.

Du haut de ses 23 ans, Maé Calaydjian est une jeune femme qui a décidé de vivre sa vie à mille à l'heure ! Cette Française expatriée en Irlande depuis quelques mois a voulu partager son quotidien de digital nomad dans le monde actuel, où la récente crise sanitaire a tout bousculé.

Être une digital nomad en Irlande

Être une digital nomad en Irlande
Crédit : Maé Calaydjian - Les paysages d'Irlande

VL : Peux-tu te présenter ?

Maé Calaydjian : Je m’appelle Maé, j’ai 23 ans et je viens d’Aix-en-Provence. J’ai fait une classe européenne en section scientifique au lycée et j’ai enchainé sur une classe préparatoire HEC puis sur une école de commerce. Je me suis spécialisée en marketing digital et j’ai eu des expériences de stages et alternance dans des entreprises de tech pendant mes études. J’ai aussi eu beaucoup d’expériences d’immersion à l’étranger (Irlande, USA, Espagne, Angleterre, etc.).

VL : Que fais-tu dans la vie ?

MC : Je suis Digital Sales Executive chez Microsoft EMEA qui est le siège européen basé à Dublin en Irlande depuis 10 mois. Je suis en charge du marché français, belge et suisse sur le cloud de Microsoft : Azure. Mon rôle est de guider les clients dans leur transformation digitale en qualifiant leurs besoins et en les accompagnant jusqu’à l’adoption du cloud.

Je suis employée en télétravail depuis la période du covid et il y a des chances que je le reste de manière permanente.

Crédit : Maé Calaydjian - Chez Microsoft

VL : Comment as-tu trouvé ce job, compatible avec ton envie de devenir digital nomad ?

MC : Je ressentais l’envie de travailler à l’étranger et je connaissais bien l’Irlande. J’ai cherché pendant un an et fait énormément de candidatures qui n’ont pas donné suite. J’étais en roadtrip aux États-Unis puis en mission humanitaire au Pérou quand j’ai trouvé cette opportunité à Dublin et que j’ai passé les entretiens. L’idée de déménager dans un autre pays suite à mes voyages m’a tout de suite plu !

VL : Quels ont été tes arguments pour convaincre ton employeur ?

MC : Ça n’a pas été ma décision de travailler à distance, mais une décision prise par le siège. Mon entreprise était déjà assez flexible sur le lieu de travail auparavant et ça a donc renforcé ce côté-là avec la possibilité pour les employés de travailler depuis le pays qu’ils souhaitent.

VL : Est-ce difficile de bosser à distance de son boss et ses autres collègues ?

MC : Je ne trouve pas ça particulièrement difficile étant donné que la culture de l’entreprise est très axée sur le digital. J’avais donc déjà eu l’opportunité à de nombreuses reprises de travailler à distance et les relations entre managers/employés et entre collègues ne changent pas énormément dans ce cadre.

Le plus compliqué finalement est d’avoir moins d'interactions sociales lorsqu’on travaille à distance que lorsqu’on est dans un open space au bureau, ce qui signifie plus d’isolement et aussi moins de facilité à obtenir de l’aide.

Crédit : Maé Calaydjian

VL : Comment es-tu devenue une digital nomad ?

MC : Une envie de m’échapper de France depuis bien longtemps et beaucoup de persévérance pour arriver à trouver la meilleure opportunité. Je dirais donc que c’est mon envie de changement et mon besoin de repartir à l’aventure qui m’ont motivé.

VL : Dans quel pays as-tu déjà posé tes valises ? As-tu eu un préféré ?

MC : Les seuls pays où j’ai réellement habité de manière stable à part l’Irlande ont été l’Angleterre et le Pérou. Pour le reste, même si c’était des séjours de plusieurs mois, je bougeais beaucoup et je ne peux donc pas vraiment considérer avoir posé mes valises.

Je ne sais pas quel a été mon pays préféré dans la mesure où mes buts étaient différents à chaque fois (études, voyage, mission humanitaire, travail, etc.). Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai une certaine tendance à revenir souvent aux États-Unis (j’ai visité 13 des 50 États américains, dont certains de nombreuses fois).

Je pense avoir une certaine affection pour les États-Unis car c’est un pays immense et donc on n’a jamais fini de découvrir de nouveaux endroits !

Crédit : Maé Calaydjian - Un paysage d'Irlande

VL : Quel est l’endroit où tu préfères bosser ?

MC : Dans un coffee shop bien sûr ! Mais ce n’est pas toujours idéal, car pas forcément compatible avec mon set-up et mon job au quotidien. Sinon, je vais dire à la maison, pour être plus à l’aise et ne déranger personne. En tout cas, j’adore changer d’endroit pour travailler, donc l’endroit où je préfère bosser n’est finalement jamais le même !

VL : As-tu une technique ultime pour rester concentrée sur le travail malgré un environnement propice à procrastiner ?

MC : Mettre mes écouteurs et ma musique pour m’isoler des activités extérieures. Je crée ma bulle à moi et cela me permet de rester concentrée tout en étant divertie. C’est aussi mon secret pour bien travailler dans un coffee shop !

VL : Si tu devais décrire la vie de digital nomad en 3 mots, que choisirais-tu ?

MC : Je dirai « liberté », « adaptabilité » et « voyage ».

- Liberté, car être digital nomad c’est pouvoir travailler d’où on veut quand on veut, donc c’est pouvoir organiser son propre planning en fonction de ses envies et ses besoins sans avoir de restrictions.

- Adaptabilité, car ce type de travail permet d’être flexible aux changements de situation, n’est pas figé dans le temps et ne demande pas de se limiter aux contraintes. Mais être digital nomad c’est aussi être capable de s’adapter et ne pas vouloir tout anticiper car toute situation peut changer à n’importe quel moment sans lieu de travail fixe !

- Et enfin, voyage, car être digital nomad c’est pour moi le moyen de vivre ma passion qui est de voyager. En parallèle de mon travail, j’ai créé une chaîne Youtube avec mon copain qui s’appelle « Ben & Mae » et qui relate nos aventures. Sans mon mode de travail actuel, on n’aurait pas cette possibilité d’explorer de nouveaux endroits et de vivre notre passion tout en travaillant.

VL : Quelle est LA chose que tu préfères dans ce mode de vie ?

MC : Pouvoir voyager ! (Et pas seulement 5 semaines par an).

VL : Quelle est LA chose la plus compliquée dans ce mode de vie ?

MC : Comprendre les lois fiscales des pays et les démarches administratives et légales à mettre en place. Par exemple concernant le système de santé, la domiciliation bancaire, le pays de paiement de ses impôts en fonction du temps passé sur un territoire, etc.

VL : Quels sont, pour toi, les 3 points positifs et les 3 points négatifs de ce mode de vie ?

MC : Les 3 points positifs de ce mode de vie sont la liberté de mouvement, l’autonomie dans l’organisation de son travail et la possibilité de ne pas rester ancrer dans une routine, mais au contraire de constamment organiser la prochaine aventure.

Les 3 points négatifs de ce mode de vie sont la difficulté de s’adapter aux administrations et lois de chaque pays, la difficulté de ne pas avoir de pied-à-terre fixe et l'incertitude du futur donc l'impossibilité de s’organiser à long terme. 

 

VL : Qu'aurais-tu aimé savoir avant de te lancer dans le digital nomadisme ?

MC : Rien de particulier, je pense que ça s’est fait au fur et à mesure pour moi et donc c’était très bien. Je ne suis pas seule dans mon cas puisque toute mon équipe a le même mode de vie et je me sens donc entourée si j’ai besoin de conseils.

VL : Si tu avais une baguette magique, que changerais-tu dans ton parcours de digital nomad ?

MC : Si j’avais une baguette magique, je me donnerais plus de temps pour trouver mon rythme et m’adapter en m’assurant d’avoir de bonnes conditions de travail. On peut sous-estimer la difficulté à confondre vie personnelle et vie professionnelle lorsqu’on est digital nomad. Je pense donc que je serais particulièrement attentive à cet aspect si je pouvais retourner en arrière.

VL : Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui veulent se lancer dans l’aventure ?

MC : Lancez-vous, foncez, c’est une expérience très enrichissante ! On apprend beaucoup sur nous, notre fonctionnement au travail et comment améliorer son quotidien. Je recommanderais aussi aux personnes qui veulent se lancer dans l’aventure de bien se renseigner sur les démarches à faire dans les pays qu’ils veulent visiter et de ne pas sous-estimer l’énergie, le temps et l’argent qu’il faut consacrer à ça.

À part ça, essayer de s’organiser dès le début entre vie personnelle et professionnelle pour trouver son rythme est important selon moi pour s’épanouir à long terme.

Crédit : Maé Calaydjian - Un paysage d'Irlande

VL : Pour toi, le digital nomad, ça doit être 50% le boulot et 50% le découverte ou tu as une autre vision ?

MC : Exactement, tout est dit ! Mais tout l’intérêt d’être un digital nomad, c’est aussi de pouvoir décider quand on veut que ce soit 100% découverte et quand on est dans une période 100% travail. En tout cas, les deux sont parfaitement compatibles.

VL : As-tu fait des rencontres qui ont changé ta vie ou ton travail ? Si oui, comment as-tu fait ?

MC : Selon moi, on fait toujours des rencontres qui changent notre vie lorsqu’on voyage et qu’on est confronté à d’autres cultures. Le fait de s’installer à plus long terme dans un pays rend ces rencontres encore plus probables et permet même d’établir des relations plus profondes.

Je ne pense pas avoir “fait” quoi que ce soit. Être ouvert aux autres, curieux et désireux de découvrir et d’apprendre est le meilleur moyen de faire des rencontres enrichissantes.

Chaque rencontre amène un autre point de vue, nous fait être confronté à des idées, une culture et une manière de penser différentes. Quand je fais le bilan, ces rencontres me permettent de prendre le meilleur de chaque culture afin de créer ma culture personnelle idéale.

VL : Si tu devais résumer ton expérience en une seule phrase, comment la décrirais-tu ?

MC : « Rester, c’est exister. Voyager, c’est vivre » - Gustave Nadaud.

VL : Et demain, que comptes-tu faire ? Quels sont tes projets ?

MC : Je compte continuer de découvrir le monde, de faire des rencontres et de vivre ma passion : voyager. On verra bien où le vent m'emmènera pour la suite !

Crédit : Maé Calaydjian

Pour suivre les aventures de Maé et Ben :

Instagram de Maé : https://www.instagram.com/mae.cala/

Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCXWVBPCvP5YM4AusIb9gb6Q

 

chloevillemant
Par Chloe Villemant

Rédactrice en chef du site Voyager Loin. Passionnée par le voyage, je vous emmène avec moi dans une belle aventure à la découverte de notre planète ! Baroudeuse 2.0 et apprentie aventurière, je suis une ultra connectée qui prend le temps de déconnecter devant la beauté du monde.