Vérités : Quel est le réel impact des vols touristiques ?

Publié il y a 7 mois

Quelles solutions êtes-vous prêts à adopter pour lutter contre le réchauffement climatique ? Seriez-vous disposé à ne plus prendre l’avion ? Sommes-nous toujours en mesure de pouvoir prendre cette décision à titre individuel ? 

C’est en Suède qu’est récemment né le terme de Flygskam, qui se traduit par “la honte de prendre l’avion”. Considéré comme l’un des principaux responsable du réchauffement climatique, le secteur de l’aviation est boudé par de nombreux touristes Suédois qui lui préfèrent le train, 45 fois moins émetteurs de CO2 et ce, quitte à changer leur destination de vacances. 

En 2018, on comptait 4,3 milliards de passagers sur l’année (source : OACI) 

Ce chiffre déjà alarmant, devrait être multiplié par deux d’ici 2050. L’avion est pourtant responsable de 4,4% des émissions de CO2 dans notre pays (13.7% dans le monde), ce qui devrait nous forcer à repenser notre façon de nous déplacer. Car si ce pourcentage apparaît comme faible à première vue, il ne faut pas oublier que le CO2 ne représente qu’une partie de l’impact climatique de l’avion. Dans cet article, Slate développe “Parmi les autres conséquences les plus significatives, les oxydes d'azote (NOx) émis dans la haute atmosphère entraînent une réduction de la quantité de méthane (CH4) et une production d'ozone (O3), deux gaz à effet de serre, ainsi que les traînées de condensation et les cirrus (nuages de la haute atmosphère) qui ont tous deux un effet réchauffant. L'effet réchauffant des émissions de l'aérien, appelé forçage radiatif, est ainsi deux fois plus fort qu'en prenant en compte seulement le CO2.

La France est en retard

Les Pays-Bas, au nom de l’urgence écologique, se place en exemple à suivre après avoir supprimé tout ses vols internes. En France, nous sommes encore loin de bien vouloir changer nos habitudes, notamment pour des vols internes de plus en plus pointés du doigts comme étant inutiles, mais aussi, irresponsables. François Ruffin, député actif pour l’environnement, cherche notamment à les supprimer. 

Pour un trajet de Paris à Marseille par exemple, l’émission d’un vol est de 92.5 Kg de Co2 par passager, contre seulement 2 Kg pour le train. Le bon sens voudrait que l’on puisse plus facilement voyager en TGV seulement voilà, question tarif, ça ne suit pas toujours. Julie Guesdon, journaliste, expliquait pour France InterSi, sur une période creuse, les tarifs peuvent aller de "25 à 116 euros" pour un Paris-Marseille en 2nde sans carte de réduction, au moment des fêtes, les billets sont directement vendus au tarif maximum car la demande est forte à certaines dates.” Pour l’avion, plus rapide et dont les tarifs sont moins fluctuants (tout comme les horaires…) on voyagera facilement pour une cinquantaine d’euros. 

Avons-nous vraiment le choix ?

Ainsi la honte de prendre l’avion est bien réelle, puisque quand une famille se trouve devant le choix d’un trajet souvent 4 fois plus cher en train qu’une liaison aérienne, elle devra faire le choix le plus évident pour son budget, en toute connaissance de cause. 

Benoît Hartmann, spécialiste des questions environnementales précise en interview sur Arte : “Pour sortir de cette honte, il faut construire une alternative crédible, c’est à dire : être sûr de l’heure à laquelle je pars, être sûr de l’heure à laquelle j’arrive, et une compétition financière qui soit également crédible. Aujourd’hui il est essentiel de réaliser que si le transport en train est vertueux et bénéfique pour la société, alors il est grand temps de le favoriser”

En quelques années à peine, prendre l’avion s’est tellement démocratisé que l’on ne songe plus à un retour en arrière, où seule une population aisée pouvait se permettre de voyager ainsi. C’est pour cette raison qu’une taxe verte semble impensable pour les dirigeants de l’IATA (Association internationale du transport aérien), qui disent craindre la baisse du nombre de passagers et donc un désastre sur le plan économique pour tous les travailleurs de l’aviation. 

Bouder les escales, une solution ? 

La plupart des passagers français qui utilisent des vols internes le font pour pouvoir continuer leur voyage vers une autre destination, et rejoignent donc la capitale en simple escale. En dehors du côté pratique, cette habitude est l’une des plus polluante, car c’est au décollage et à l’atterrissage qu’un avion est le plus énergivore. 

Privilégier un vol direct est donc indispensable pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre, lorsqu’on est obligé de prendre l’avion. 

Il est également intéressant de calculer son bilan carbone personnel pour prendre conscience des secteurs où l’on peut sensiblement faire des efforts et ainsi compenser un “Flygskam”.  

Et la voiture dans tout ça ? 

Les émissions de CO2 pour un kilomètre en voiture sont sensiblement les même que celles d’un kilomètre effectué en avion, cependant, l’avion va beaucoup plus vite et surtout plus loin. Résultat : une heure de transport aérien est 13 fois plus émettrice qu’une heure en voiture. Inutile de rappeler que le covoiturage est une option à privilégier ? 

Pour voyagerloin.com, Mr Mondialisation explique : “Moyens de transports, distances, fréquences, types d’achat, lieux de séjour...chaque choix doit être pesé, discuté et réfléchi. Voyager éthique peut sembler être une contrainte, mais qui s’efface vite par le bonheur d’être en phase avec le vivant et ses valeurs. Voyager éthique, c’est simplement voyager avec sa  conscience globale activée.

Cette conscience globale dont nous parle Mr Mondialisation, c'est la capacité de comprendre que nous faisons partie d'un tout et que chacun de nos actes a une répercussion, aussi infime soit-elle. Chacun d'entre nous doit être responsable de ses choix en matière de consommation, et peser l’impacte de son mode de vie est désormais essentiel si l’on souhaite pouvoir voir émerger des solutions alternatives valorisées comme peut l’être le train.  

On voit également surgir des solutions potentielles, comme cet inventeur français qui a trouvé comment transformer le plastique en pétrole : https://www.facebook.com/watch/?v=236277387055931

 

Sources : 

Sud ouest

Slate 

France inter

Par Lancelot Feral