Cinq leçons à retenir pour les voyageurs un peu timides

Publié il y a 5 ans par Brice

Nous l'avions vu dans un précédent post. En voyage, vous les reconnaissez entre mille ; ils sont généralement seul(e)s, ils privilégient les destinations où la nature est abondante, au détriment des grandes villes où les touristes abondent ; ils s'émerveilleront devant un insecte, et vomiront sur la full moon party...

Cher(e)s introverti(e)s, non vous n'êtes pas des cas sociaux, vous êtes solitaires, certes, vous détestez la foule et les gens qui les composent, d'accord, mais sachez que votre introversion vous empêche parfois de "vivre". Ce que le voyage m'a appris ? Qu'il ne faut pas forcément faire avec les nombreuses personnes qui peuplent votre tête, au risque de louper les bons moments de la vie. Le voyage a le pouvoir d'améliorer grandement nos relations avec les autres, en se changeant soi-même. Le voyage est une thérapie : 

Sortir avec un(e) extraverti(e)

Sortir avec un(e) extraverti(e)

Mon extraverti préféré à moi, c'est mon ami Alex. Cette personne est consciente que je n'aime pas forcément les foules, elle comprend que j'ai besoin de temps pour moi-même, et est toujours sur mon dos lors de situations sociales redoutables. Bref, il est là pour me sortir de ma coquille.

Quand vous êtes sur le point d'entrer sur Bangla Road (en enfer donc), à Phuket, sortir avec des extravertis peut vous sauver la mise. Arrivés au Tiger, entourés de jolies princesses qui font rouler le popotin pour votre plus grand plaisir, il vous suffit de faire péter la cloche pour se voir "offrir" quelques dizaines de shots. Jusqu'ici tout va bien. Mais quand l'une des princesses vous invite alors à monter sur le comptoir pour danser sur le pole avec elle, vous faites, pour ma part, moins le fier. Voyant mon embarras, Alex m'a demandé "de ne pas me soucier du regard des autres, et de m'amuser". Ce que je fis. Bien sûr, je m'attendais à me voir humilié publiquement. Au final je me suis bien amusé. On a même fini sur une partie de Puissance 4 sur le comptoir. Les vrais le savent...

Faire le contraire de ce que votre instinct vous dit

Faire le contraire de ce que votre instinct vous dit
Michael Keanny

Rectification, votre instinct est toujours juste. Parlons plutôt mental. Parfois souvent, le mental prend le pas sur l'intuition, et suivre ce que votre mental vous dit n'est pas toujours le bon choix. Dans les situations où l'on ne se sent pas très à l'aise, ou maladroit, les introvertis ont tendance à vouloir s'en échapper. Quand vous rentrez dans un bar animé en Belgique, par exemple, et que tout le monde fait la chenille, vous n'avez qu'une envie, c'est vous barrer par la fenêtre, quitte à péter la vitre si elle résiste. Mais ce n'est pas une solution, pas à long terme.

J'ai donc appris à vaincre mon mental, à résister aux situations d'inconfort pour finalement faire baisser mon niveau d'anxiété. Vous descendez d'un étage. En tenant le coup, vous apprendrez à apprécier la dite soirée. Bien sûr, si la chenille dure pendant des heures, c'est que vous vous êtes planté de soirée. C'est à vous de voir.

Savoir profiter du "ici et maintenant"

Savoir profiter du "ici et maintenant"

Lorsque vous êtes introverti(e), vous avez tendance à vivre dans votre tête. Vous êtes même plusieurs à l'intérieur. Vous soutenez l'hypothèse que tout le monde autour de vous juge le moindre de vos mouvements, pour vous embarrasser. Il n'en est rien, et lorsqu'en voyage quelqu'un vous propose une activité quelconque, une sortie en mer, une excurtion, ou une soirée dans un pub de la ville, par exemple, sachez que le but n'est pas de vous enrôler pour vous matraquer dans un coin.

En se posant une myriade de questions, on perd le fil. A douter constamment, on ne cesse de louper les plus belles choses de la vie. Celles qui sont irréfléchies. Apprenez à faire confiance aux autres, à vivre l'instant présent, et à dire "oui" aux occasions qui se présentent. Pour le reste, suivez votre intuition, elle est toujours bonne.

Enlevez vos écouteurs, occasionellement

Enlevez vos écouteurs, occasionellement

Personnellement, j'aime bien me balader avec mes écouteurs/casque vissé(s) dans les oreilles/sur la tête, ce qui me permet de me couper un peu du monde. Mais il est compliqué d'engager une conversation avec une personne portant un casque. C'est d'ailleurs pour ça que vous le portez.

En voyage, les rencontres sont importantes, primordiales même. Comme je l'ai expliqué dans un précédent post, l'une des premières choses qui vous saute aux yeux lors d'un voyage, c'est que tout le monde a une histoire à raconter : "Votre voisin dans le bus à Santiago était un missionnaire mormon du Kansas; la femme à qui vous demandez votre chemin à Montréal enseigne la neuropsychologie en Finlande, mais a décidé de prendre un congé sabbatique. Vos hôtes Airbnb à Montpellier sont botanistes, et ont passé ces trois dernières années au Mali à étudier les plantes indigènes."

En écoutant les autres, vous apprenez à devenir un meilleur auditeur, et à vous "découvrir". L'une des bases du voyage en somme.

Chanter un karaoké

Chanter un karaoké

T'as peur hein ?! Chanter à un karaoké est l'une des choses les plus effrayantes à vivre pour un(e) introverti(e). Jusqu'à récemment, mes expériences avec le chant en public avaient fini dans l'embarras. Je m'étais juré de ne plus jamais recommencer. Mais lors d'une récente visite à Kauai, tout a changé. Avec Alex à mes côté (mais si, Alex), je me suis finalement remis au turbin.

Ma peur de l'humiliation s'est rapidement transformée en amusement. Je n'ai pas attendu le "moment parfait" pour commencer à chanter (quand la foule se disperse), et je ne me suis pas demandé ce que les gens pouvaient bien penser de moi. Passer cette barrière, on s'en moque. Maintenant, quand je me retrouve à vouloir fuir la maladresse et le sentiment d'auto-conscience, je repense à ce karaoké, à Kauai, et je fais le contraire. Le voyage vous transforme, il est même plutôt doué pour ça.


Etre introverti(e) en voyage, c'est trouver un équilibre entre acceptation de soi et acceptation de l'autre. Il s'agit de respecter les espaces nécessaires à chacun, de respecter le temps et les rythmes de l'autre, pour que tous puissent élaborer et développer ses propres expériences. 

En ne vous fiant pas à votre mental, en ne se souciant pas du regard des autres et en vivant pleinement l'instant présent, vous vivrez des expériences de voyage incroyables et vous aurez de belles anecdotes à raconter à vos petits-enfants. Arrêtez de ruminer, vivez! (vous aurez tout le temps pour vous perdre dans la nature, une autre fois)