Au Pair dans une famille australienne

Publié il y a 6 ans par
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C’est en CM2 que j’ai eu mon premier cours d’anglais. 11 ans plus tard je ne peux toujours pas tenir une conversation avec un anglophone sans bégayer en essayant de former des phrases compréhensibles. Le meilleur moyen d’apprendre une langue, ne serait-ce qu’à l’oral, est probablement de se plonger dans la vie quotidienne d’anglophones afin d’entendre de l’anglais du réveil au coucher. C’est pour cette raison que j’ai cherché une famille qui voudrait bien m’héberger à mon arrivée en Australie. Une des solutions est le wwoofing qui est un système permettant d’obtenir logement et nourriture en échange de travaux manuels ou autres pour la famille. Etre Au Pair est une sorte de wwoofing car on garde les enfants en échange de logement et de nourriture avec en plus une petite rémunération hebdomadaire. Je me suis inscrite sur un site spécialisé et une famille m’a contacté rapidement, j’ai alors décidé de me lancer dans l’aventure. Ils vivent à Melbourne et ont eu besoin de mes services pendant trois mois. J’ai pu être plongée dans leur quotidien et m’adapter à leur mode de vie tout en ayant une certaine sécurité dès mon arrivée.

"Tu aimes jouer aux Lego?" sont les premiers mots que m’a adressé Ryan, 5 ans, à mon arrivée à l’aéroport.

Arriver dans une famille qui ne parle pas votre langue et qui fonctionne différemment au quotidien est une expérience enrichissante qui permet de se rendre compte à quel point chaque personne a des valeurs et des opinions variées concernant plusieurs sujets tels que la nourriture, la culture ou la vie sociale. Dans mon cas c’est au niveau de l’éducation des enfants que j’ai beaucoup appris.

Différence de culture

Mais commençons par la nourriture : ma famille d’accueil est végétarienne. Je n’ai absolument rien contre ce mode d’alimentation mais il est vrai qu’un certain temps d’adaptation s’impose, surtout sI comme moi, manger de la viande, du poisson ou de la volaille est un acte quotidien. Dès que je mangeais à l’extérieur de la maison, j’en profitais pour m’offrir un bon pavé de saumon ou un énorme steak afin de combler mon manque. Ils ne buvaient pas de café ni d’alcool au moment où j’étais chez eux, pas de lait, pas de yaourts et pas de fromage. En Australie, il est très commun d’être végétarien, il suffit de se balader dans une grande surface pour se rendre compte de la place que tiennent les produits pour les personnes qui suivent ce régime alimentaire. Le lait de soja est très commun et ma "mère d’accueil" m’a raconté que lorsqu’elle voyageait en France, aucun café ne proposait un chocolat chaud au lait de soja. Ici, il suffit de le demander. Les enfants aussi mangent végétarien, et les bonbons sont interdits ! J’ai dû faire avec le peu de connaissance culinaire que j’avais en adaptant mes recettes, la plupart d’entre elles venaient d’un livre que je vous conseille : Plenty. Ce livre regroupe les recettes végétariennes bonnes et originales d’un chef israélien. Finalement, on s’adapte vite à ce régime et le fait que les enfants n’aient jamais connu autre chose fait complètement partie du choix éducatif des parents et je le respecte entièrement. Je suis quand même heureuse que m’a maman ne me l'ait pas imposé…

"Il faut absolument que tu goûtes la Vegemite !" Les australiens doivent être les seuls à aimer cette pâte à tartiner.

Parlons de l’éducation justement. Je ne peux que comparer avec les expériences de baby-sitting que j’ai pu effectuer en France ou  avec la façon dont j’ai été éduquée par mes parents. C’est en ayant discuté avec d’autres Au Pair que l’on s’est rendus compte à quel point l’enfant australien est roi. « Good girl », « good job sweetheart », « mommy is so proud of you », tous ces petits mots doux ainsi que le nombre incalculable de cadeaux de Noël et d’anniversaire  montrent à quel point l’enfant est considéré comme un objet précieux. Gronder est un acte rare et lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions alors le parent s’en veut et en vient presque à s’excuser auprès de l’enfant d’avoir haussé la voix. Je ne juge absolument pas mais je vois clairement une différence entre ma maman brésilienne et les mamans australiennes que j’ai rencontrées. Les enfants dont je m’occupais ont 3 et 5 ans, ils vont à l’école trois fois par semaine dans ce qui est l’équivalent de l’école maternelle. Les autres jours, je m’occupais d’eux. Le matin je devais leur dicter des mots et leur donner des additions et soustractions à résoudre. Ils n’ont pas de télévision, ce que je trouve très bien pour les enfants, moins pour moi. Premièrement parce que sans télévision je ne pouvais pas choisir la facilité en les plaçant devant l’écran quand ils étaient trop agités comme la plupart des Au Pair que j’ai rencontrées faisaient, deuxièmement parce que je considère la télévision comme un outil très utile pour apprendre une langue. Rien que le fait de suivre les informations australiennes en anglais quotidiennement stimule le cerveau, je pense.

Mes conclusions

Ce que je retiens le plus de mon expérience est la chance que j’ai eu d’arriver directement dans cette famille qui a été plus que parfaite avec moi. Je travaillais pour eux mais je faisais surtout entièrement partie de la famille, je partageais les repas, je découvrais Melbourne et ses alentours et j’ai énormément appris sur la culture locale et la manière dont vivent les Melbourians (oui on les appelle bien comme ça). Ils ont une maison secondaire sur la Great Ocean Road, entre Apollo Bay et Lorne. Ils s’y rendent tous les week-ends afin de se couper du monde. L’endroit est magnifique, face à la mer et entouré de montagnes et de champs. La propriété comprend une vingtaine de chambres et une église. Ils comptent réaménager l’endroit en un Hostel pour backpacker avec un camping. J’ai assisté et participé aux travaux car tout était à refaire, aussi bien la peinture que le plâtre et l’aménagement. Je suis partie avant la fin, mais je sais où aller si je passe de nouveau sur la Great Ocean Road. Au Pair est loin d’être un job facile, mais je n’en garde que de bons souvenirs et quitter ces enfants et cette famille qui m’a énormément aidée m’a fait un pincement au cœur. Trois mois est la durée parfaite pour ce genre d’expérience, maintenant il faut que je me trouve un nouveau travail et un nouvel appartement, l’aventure est loin d’être terminée.