Ces phrases qu'on entend à tous les coups et à chaque retour de voyage

Publié il y a 5 ans

Le retour de voyage ce n'est pas simple, beaucoup d'entre vous le savent. Si comme moi vous êtes un accro de la route, vous avez connu cette sensation étrange que l'on appel le blues du voyage. Ce phénomène a tendance à s'accentuer après les joies des retrouvailles avec l'entourage, qui n'aide pas du tout mais alors du tout, à nous remettre d'aplomb. 

La preuve, à tous les coups et à chaque retour de voyage, reviennent les mêmes questions qui me font replonger dans mes souvenirs alors que je n'ai même pas réalisé que j'étais rentrée. Voici comment parfois, j'aimerais répondre aux 7 phrases (insupportables ? ) que j'entends lorsque je rentre à la maison : 

Je rentre de voyage aujourd'hui

Je rentre de voyage aujourd'hui

Je tente vaguement de faire bonne figure, je passe quelques brefs coups de téléphone à mes proches, mais ils le savent aussi bien que moi : je suis physiquement là mais mon esprit lui, est resté à quelques milliers de kilomètres d'ici. 

Je rentre de voyage aussi reconstruite que détruite...si ça n'a aucun sens pour vous, je vous rassure ça n'en a pas non plus pour moi. Mais c'est pourtant ce que je ressens. La sensation d'avoir vécu sur une autre planète, d'avoir fait des rencontres aussi brèves qu'intenses, le profond sentiment que le temps s'était arrêté. Je rentre et ici rien a changé.

 

"Alors, c'était comment ? "

"Alors, c'était comment ? "
Meyer & Kangangi

" Alors, c'était comment ? " Je déteste cette question. Elle m'horripile. Je sais bien que cela ne pars pas d'un mauvais sentiment et que les gens pour qui je compte ont sincèrement envie de partager un peu de mes aventures mais, que répondre à une question aussi vague ? 

Comment réussir à raconter des semaines voire des mois de vie ? Si je m'aventure à te demander la même chose, tu me répondras sûrement d'un " bo tu sais, ici toujours pareil ", et bien là-bas tout est différent, mais je ne peux ni trouver les mots ni l'énergie pour te raconter tout ce que j'ai vécu. 

" C'était bien, merci "

" C'était bien, merci "

" C'était bien, merci " la réponse la plus probable et la moins entousiaste aussi mais parfois je peux extrapoler par un "c'était extraordinaire ". En fait ce dont j'ai envie, c'est de me taire, de me faire toute petite, que personne ne me vois ni ne m'entende. Je veux disparaître pour repartir dans ce qui semble avoir été un rêve à présent.

Quand tu es parti plusieurs mois, tu ne peux pas raconter, tu ne peux même pas envisager que la personne en face de toi puisse comprendre ce que tu as vécu, malgré son intérêt pour ce que tu as fait, elle ne t'écoutera plus au bout de trois phrases, alors autant faire concis.

" T'as de la chance "

" T'as de la chance "
Meyer & Kangangi

Alors oui je me force à garder la tête haute car dans les parages on me dit "chanceuse". C'est vrai qu'être voyageur, ça vend du rêve et ça pousse à l'admiration des endormis qui se complaisent dans leur routine. Je ne les juge pas, c'est presque moi qui devrais les admirer pour leur capacité à vivre un quotidien stable et bien établi, moi je ne sais pas faire ça.

Mais le fossé est si grand entre ces chemins de vie que je ne peux expliquer ce qui se passe dans ma tête au moment où je raconte les quelques anecdotes les plus farfelues de mon voyage. 

"T'es pas très bronzée "

"T'es pas très bronzée "

"T'es pas très bronzée ". Non je n'ai pas passé mes journées à farnienter sur la plage comme tu le ferais pendant tes 10 jours de vacances au soleil par an. Ce que j'ai fait c'est crapahuter, galérer, ressentir, m'émerveiller, marcher des heures et des heures sans objectif précis, juste par soif de découverte. J'ai oublié ce que c'était qu'une grasse matinée et je suis incapable de me mettre à table à midi pile.

Je suis décalée et défragmentée. Le cul dans l'avion j'ai versé toutes les larmes de mon corps, par bonheur d'avoir vécu une expérience unique qui m'a fait me sentir vivante. Et là je suis devant toi à essayer de justifier la couleur de mon teint pas assez tanné à ton goût. 

" Tu veux y repartir ? "

" Tu veux y repartir ? "

" Tu veux y repartir ? " J'ai même pas encore atterri, alors oui je veux bien esquisser un sourire en te répondant que oui, que c'est une destination que je te conseille. Mais par pitié laisse-moi arriver, peut-être que d'ici quelques semaines je pourrais te répondre plus sincèrement.

Mais en même temps j'estime qu'il y a trop à voir pour que je puisse vouloir retourner dans un même pays. Alors comme je ne peux te dire ni oui ni non, j'espère clore cette conversation au plus vite. 

" T'as pris des photos ? "

" T'as pris des photos ? "
Meyer & Kangangi

" T'as pris des photos ? " Oui j'ai pris des photos, mais tu n'as aucune envie que je te les montre toutes, je le sais et tu le sais, alors je trouve l'excuse imparable : "il faut d'abord que je les trie", chose que je ne ferai sans doute jamais parce que j'ai pris 5 ou 6 fois exactement la même image en espérant que l'une d'elles soit meilleure qu'une autre... 

Et puis, si je décide de remettre le nez dans ces souvenirs en images, il vaut mieux que je sois seule car il n'est pas impossible que je craque et pleure n'ayant d'autres choix que de faire face à la réalité : je suis rentrée. 

" Tu vas faire quoi maintenant ? "

" Tu vas faire quoi maintenant ? "

" Tu vas faire quoi maintenant ? " Vivre, voire survivre. Même si je sais que cette question revient par intérêt pour ma petite personne, elle m'exaspère aussi. Tu voudrais bien arrêter de vouloir à tout prix que j'ai un projet concret ou entendre quelle sera ma prochaine destination ? Tu veux bien me laisser dans le moment présent ? Tu sais, je pense que toi aussi ça te ferais du bien de prendre la route et de te laisser guider par ton instinct. Ceux qui n'ont pas peur du vide ne tombent pas. Et c'est pour ça que la seule chose que j'ai en tête tout de suite, à peine rentrée de voyage, c'est m'envoler à nouveau. 


A présent il faut que je rapatrie mon cerveau ainsi que mon coeur qui sont restés bloqués à l'aéroport. Après ça je te le promets, je vais tout te raconter. Je vais peut-être même te saouler avec mes histoires de voyage, mais elles viendront quand elles viendront, tu vas tout savoir naturellement sans avoir à me tirer les vers du nez, si tu veux bien me laisser poser l'ancre, où plutôt l'encre.  

Pas de panique ! Cet article est à prendre au second degré. Il est évident que c'est le plaisir de partager mes aventures qui me porte et me pousse à écrire ici. Non je ne suis pas dépressive et oui je relativise, je suis juste en réadaptation climatologique... vivement le soleil !

Vous aussi vous souffrez du syndrome de dépression post-voyage ? Ne vous laissez pas abattre et cliquez ici pour découvrir nos conseils pour vous rétablir au plus vite.

Allez courage, je compatis ! 

Par Flora