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Voyager pour favoriser l'autonomie

Tiphanya 5 janvier 2014

Aucun doute sur les bienfaits du voyage sur les têtes brûlés adolescentes. Après tout la bonne société du XVIIIe et du XIXe n'hésitez pas à laisser partir les aînés, pour leur faire comprendre la vie. Aujourd'hui l'apprentissage passe par des heures à boire des bières, des passeports volés et des coups de téléphone en pleurs à papa et maman, mais la plupart, du moins ceux qui rentrent à la maison, ont compris que personne n'aime faire la lessive et qu'ils peuvent remercier leur parent de l'avoir fait pour eux pendant si longtemps.

Mais ce que l'on a tendance à sous-estimer, c'est que finalement, à deux ans aussi, le voyage favorise l'autonomie. Il faut avouer que quand papa et maman sont installés sur la terrasse, face à la mer et font la sourde oreille, le plus rapide est d'ouvrir soi-même la porte du frigo pour se nourrir. Tant pis si la porte reste ouverte et que le déjeuner commence par du fromage.

Il reste préférable de se méfier des conséquences de cette rapide confiance en l'autonomie toute nouvelle, qui peut parfois obliger papa et maman, à abandonner leur terrasse. Car un jour, sans aucunement prévenir, Nine, tout juste deux ans, à décider de ne plus porter de couches.

Un événement que beaucoup de parents attendent avec espoir, tentent de provoquer, voir même fatiguent leur entourage en ne parlant que de ça. Les Experts sont formels, il y a des conditions optimales à réunir : une météo clémente, un sol qui ne craint rien, un enfant motivé et un super-méga pot sur lequel tout le monde rêve de poser son popotin royal.

Nous avions un temps magnifique (vive la Grèce en automne), un carrelage au sol, une petite fille plus que motivée, un petit stock de culottes, des robes pour limiter d'avoir à tout laver, mais pas de pot ou de réducteur de toilettes.

Cela semble bête comme chou d'acheter un pot. On va au supermarché, de préférence le plus grand du coin, rayon enfant, 2€ plus tard, toute la petite famille rentre à la maison espérant une surprise le jour même et calculant déjà les économies sur les paquets de couches.

Sauf que notre ciel clément, notre terrasse carrelée et notre vue sur la mer allaient de pair avec une installation d'un mois dans une petite île grecque. Une belle île, avec des oliviers, un village déserté pendant l'hiver mais se trouvant à une petite heure de marche de la seule ville offrant toutes les commodités. Certains jours trouver une voiture pour s'y rendre est même facile. Seulement il n'y a pas d'énormes supermarchés. Aucun magasin de puériculture non plus. Il est plus rapide de prendre un bateau, d'aller sur le continent, de faire tout le shopping nécessaire et de rentrer en fin de journée.

Je ne vous parle même pas de la crise économique et des nombreuses boutiques abandonnées avec une offre de vente sur la devanture.

Argasi en hiver, une ville fantôme - Photo: Tiphanya Chenu Argasi en hiver, une ville fantôme - Photo: Tiphanya Chenu

Il est surprenant comme on apprend beaucoup d'une région à faire du shopping. Nous sommes entrés dans tous les magasins correspondant à notre idée de « bazar » ou « tout à 1€ ». Nous avons traversé la ville du nord vers le sud. Et rapidement nous avons compris que le commerce local ne vit que grâce aux investisseurs chinois, la plupart de ces enseignes porte un nom en sinogrammes même si le personnel est grec. L'agence pour l'emploi se repère par l'attroupement qui est formé devant, débordant sur la route, provoquant un embouteillage dans la rue principale. Il n'y a pas de petites économies et les lumières des magasins ne s'allument que lorsque nous en franchissons le seuil. A 10 centimes le kW/h, il nous a fallu quelques jours pour comprendre que rien n'était fermé, seulement dans l'attente du prochain client.

Et finalement, après toute une demi-journée nous avons mis la main sur l'unique bazar chinois, proposant un pot, un seul pot en stock qui eut l'infime honneur de célébrer un pas de plus vers l'indépendance de ma fille. 5€ le pot... avec un petit garçon chinois sur le devant, heureux, souriant, encadré d'un slogan en chinois.

Une heure de marche plus tard, de retour sur notre terrasse, le nouveau pot chinois a reçu sa première surprise. Pendant ce temps-là, nous commencions également à réfléchir au meilleur moyen de le transporter jusqu'à notre prochaine étape, l'Italie, toujours en sac à dos.

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