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Récit: Une femme, un rêve, un voyage (1/2)

Laura 15 décembre 2013

Hier soir je me suis couchée et la lune m’observait. Elle trouva le peu d’espace disponible entre mes deux rideaux mal fermés pour faire pénétrer sa lumière sur mon visage. Mon regard se figea et je me suis mise à l’observer. Nous échangions un regard. Un regard passionné que j’avais déjà croisé il n’y a pas si longtemps à des milliers de kilomètres d’ici. 9150 km pour être exacte. C’était il y a un mois au Costa Rica.

Zaventem International airport (Bruxelles) le 2 mai 2013. Une journée que je ne pourrai oublier. Me voilà enfin, les deux pieds sur le pas de la porte. Porte s’ouvrant sur un des rêves que j’avais depuis des années. Partir. Voyager seule, loin de tout. Loin d’ici, loin de vous, loin de moi pour mieux se/me retrouver. Mon corps subit des variations émotionnelles. Une réelle confusion d’excitation, d’angoisse, de peur, d’impatience et de joie.  11h10 c’est officiel : je suis partie, direction Salvador de Bahia au Brésil.  Le trajet sera long mais rien ne commence concrètement tant que l’avion ne se sera pas posé.

Il est environ 18h, je sens déjà l’humidité attaquer ma peau m’obligeant à retirer les deux couches qui me tenaient au chaud dans l’avion. J’inspire à pleins poumons et me dirige vers la porte de sortie, chargée comme un mulet, prête à démarrer cette aventure de 6 mois toute seule. Je suis au Brésil ! Ca y est je suis en Amérique du Sud pour la première fois de ma vie. Il ne faudra que quelques minutes pour me heurter au premier obstacle : la barrière linguistique. Voyageant «safe» avec l’anglais, je ne m’étais encore jamais mise en danger à ce niveau là. Les mots sont inutiles. Ce n’est pas grave, les gestes feront l’affaire dans un premier temps. Le taxi s’enfonce doucement dans une ville, un pays, un continent qui me sont totalement inconnus. L’insécurité s’empare de moi assez rapidement. Il semble que les brésiliens vivent dehors, dans la rue contrairement à chez nous. Tous cloitrés dans nos appartements, nos maisons entourées de barrières de « sécurité ».En effet, les brésiliens vivent dehors semblant préférer la rue à des maisons entourées de barrières de sécurité comme chez nous. Ce trajet de 20 minutes me confronta aux questions qui seront les premières d’une longue série et principalement à celle-ci : « Mais qu’est ce que je fais ici toute seule… ? »

[quote text_size="medium"]Mon regard est celui d’une personne désemparée devant cette réalité si lointaine de la mienne.[/quote]

5H00 du matin je vois le soleil se lever. Je découvre enfin ce premier horizon brésilien, certes pas le plus beau mais le plus poignant de ce début de voyage.. Ce moment où l’abstraction dans laquelle on se projette depuis des mois se concrétise. A la manière d’une image qui apparaît lentement dans le bac révélateur lors de son premier tirage photo. Pure magie.

Une longue journée de trajet (taxi, ferry, bus) se profile avant d’arriver à destination finale : Itacaré. Cette journée fut un véritable choc culturel. Habituellement j’arrive à me faire une idée globale de ce qui m’attend mais, cette fois-ci, je suis dans le néant total. Pendant près de 7h, le bus a parcouru des petites routes sinueuses de montagnes et traversé d’innombrables petits villages. La pauvreté et la simplicité des constructions me coupe le souffle. Je vois mon visage dans la réflexion de la vitre. Mon regard est celui d’une personne désemparée devant cette réalité si lointaine de la mienne.

Pousada Casa Tiki (Itacaré, Bahia, Brésil) - Photo: Laura Nethercott Pousada Casa Tiki (Itacaré, Bahia, Brésil) - Photo: Laura Nethercott

Itacaré, petit coin de bonheur paisible

Arrivée à Itacaré, je retrouve un couple d’ami belgo/brésilien (Kev & Pati). Ils ont ouvert il y a un an leur petite Pousada. La Casa tiki (que je vous conseille si vous passez par là, vous ne serez pas déçus) sera mon nid pour les 3 prochains mois. Contrairement à la majorité, je n’ai pas envie de voyager au 4 coins du Brésil. J’ai envie de vivre le Brésil pendant quelques mois. M’imprégner d’une culture, d’un mode de vie, de traditions radicalement différentes des miennes. Pour y arriver, je dois trouver un « axe d’entrée ». Une activité qui me permettra de m’intégrer à la communauté locale. Un soir, Patricia me présente à l’un de ces amis qui me propose de l’accompagner au cours de Capoeira (art martial afro-brésilien) le lendemain matin. Séduite dès le premier cours, j’adopte la Capoeira et m’y intéresse de très près. Sur place, je me lance d’ailleurs dans un mini documentaire vidéo (amateur)(en cours) qui me rapproche encore plus de la communauté et notamment du Mestre Bigode, mon « maitre », mon professeur.

Où que l’on soit dans le monde, nous avons toujours ce besoin d’appartenance qui resurgit. Nous avons besoin d’appartenir à différents groupes pour nous identifier sans pour autant renoncer à notre identité singulière. A peine 3 semaines après mon arrivée, je salue dans la rue les autres membres de la « Tribo do Porto ». Je fais désormais parti des Capoeristas du village malgré mon visage de « gringo(a) ». Ma routine s’installe doucement, ma nouvelle vie aussi.

Photo: Laura Nethercott Photo: Laura Nethercott

Une vie rythmée au son du berimbau, des marrées et des soirées forro ou je danse le sourire au lèvres jusqu’aux petites heures. Le Brésil (l’état de Bahia plus précisément) regorge de beauté tant au niveau des paysages, digne des plus belles cartes postales, mais aussi par sa simplicité et cette joie de vivre. Toutes les maisons s’habillent de couches de peinture plus vives les unes que les autres. Les locaux ont envie et sont fiers de vous offrir, vous partager une partie, de leur repas,  journée et de leur culture avec des personnes comme vous et moi, venues de loin pour les rencontrer. Le partage reste une des sources primaires du rapport humain. Il tisse des liens entre différentes personnes, peuples et communautés.

Se détacher

Quitter le tourbillon occidental n’est pas évident. (S’éloigner de nos repères, nos obligations, notre stress. Apprendre à juste vivre. Pour soi, en accord avec nos envies). Pourtant s’éloigner de nos repères, nos obligations, notre stress nous permet d’apprendre à vivre juste pour soi, en accord avec nos envies. Voilà ce que j’ai fait pendant trois mois. C’est un voyage que je vous invite tous à faire. Au Brésil ou  ailleurs, là où votre cœur vous portera.

Photo: Laura Nethercott Photo: Laura Nethercott

Retrouvez la suite du récit de Laura ici : Une femme, un rêve, un voyage (2/2)

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