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Un périple au Rajasthan à la découverte de Pushkar, l'origine du monde

Flora 16 janvier 2016

La légende raconte que Brahmâ, l'un des trois dieux les plus vénérés de l'Inde, ait créé le tout premier village du monde à cet endroit. Me voilà donc à la source des sources, une semaine sur les rives d'un lac sacré au coeur du désert : une oasis de paix et de douceur, où tout semble intact depuis l'éternité

Yoga Express

Depuis Delhi, huit heures de train m'attendent pour rejoindre Ajmer, puis il me faudra prendre un bus en direction de Pushkar pour une demi-heure de trajet. C'est donc de nuit qu'il est idéal de voyager puisqu'on peut dormir sur des couchettes (plutôt) confortables pour une dizaine d'euros à peine.

On m'avait fait tout un pataquès de ce que pouvait être la gare de Delhi, combien j'allais être harcelée par des rabatteurs qui allaient souhaiter me dissuader de me rendre au bureau des étrangers*, mais finalement, aucun harceleur en vue et les indications sont claires et précises.

La nuit passe rapidement et sereinement à bord du Yoga Express dont le nom me fait sourire et j'arrive au Rajasthan alors que le soleil se lève sur Ajmer. De l'autre côté de la rue, face à la splendide gare au style Moghol, un bus passe toutes les demi-heures à destination de Pushkar. Si des dizaines de rickshaws (ces petits taxis verts et jaunes montés sur deux roues) vous accostent pour vous proposer directement de vous rendre à Pushkar, dîtes simplement que vous souhaitez prendre le bus, les Indiens sont très serviables et on vous indiquera le chemin tout de suite. N'oubliez pas le traditionnel Namasté, qui offre une marque de respect et de gratitude qui sera toujours appréciée.

*Ouvert 24 heures sur 24 à la New Delhi Railway Station, le bureau des étrangers est présent dans toutes les plus grandes gares en Inde et permet aux voyageurs de bénéficier des quotas de billets de train qui lui sont attribués. Voyage grandement facilité.

Slowly Slowly

Au fond d'un bus sans fenêtres ou presque nous nous blottissons, moi et mes bagages, au creux d'un tout autre monde. J'ai quitté Dharamsala la veille, l'esprit de ses montagnes contraste nettement avec celui du désert ! Mais les sourires sont les mêmes, en fait la règle est simple mais est universelle : montrer de la bienveillance en toutes circonstances.

Les adolescentes veulent me prendre en photo, les mamans me tendent des paquets fournis de patisseries sucrées et colorées, et les papis deviennent aussi bavards qu'amicaux tandis que les plus petits me fixent avec de grands yeux ronds. L'ambiance est conviviale et je file, slowly slowly comme on dit par ici, comprenez piano piano ou très doucement, vers une ville que personne n'est capable de dater dans l'histoire.

L'arrivée se fait sans encombre et s'est en dégustant ma première tasse de masala chaï du matin que je fais la connaissance de Doctor Alone, arborant des allures de rasta et un large sourire. Il possède une guesthouse en ville. J'ai décidé de dire oui à ce que me proposait la vie tout au long de mon séjour à Pushkar, alors j'ai suivi le mouvement et je n'ai eu qu'à marcher dix minutes aux côtés du Doctor pour arriver tout droit vers le bonheur.

Shanti Shanti

Je n'aurais jamais osé imaginer me retrouver dans un tel paradis. Je découvre les lieux, très chaleureux, le calme règne et les chambres sont plus que correctes, pour environ cinq euros par nuit. Mais c'est en m'avançant sur la terrasse que j'ai découvert l'impensable.

Puisque je devais au départ me rendre à Jaisalmer et ne faire qu'une halte à Pushkar, je ne m'étais absolument pas renseigné sur ce que je pouvais y trouver, c'est aussi comme ça que j'aime voyager. Bref, je descends donc les marches et aperçois ce magnifique lac, posé là comme par magie. Cela semble si irréel que j'en ai le souffle coupé. Ce lac a quelque chose d'envoutant, et la dévotion qui lui ait attribué n'enlève vers à son mystère. Sur ses rives, un grand nombre de pèlerins se pressent chaque jour pour pratiquer la Puja, un rituel de protection. Le bain dans l'eau du lac vient après la prière qui est tout un processus.

Lorsque vous êtes une européenne (blonde, pour bien trancher dans le décor) qui emprunte les ghâts, les marches protégeant ces eaux, vous êtes tout de suite repérée puis empressée de vous faire bénir. Il faut savoir distinguer les vrais prêtres des faux, mais ici seul l'intuition est utile.

Une véritable Puja est un moment particulier, il faut être pieds nus pour marcher à moins de cinq mètres du rivage et éviter de porter du cuir. Cette ville est entièrement végétarienne : viande, poisson et œuf y sont interdits. La veg' que je suis est d'autant plus au paradis !

On vient déposer une assiette délicatement décorée dans mes mains ; des pétales de roses, du riz, de la noix de coco et des épices s'y accordent à merveille. L'homme commence ses mantras et me fais répéter des phrases en Hindi que je ne comprends pas, c'est assez étrange que de réciter quelque chose dans une langue inconnue. Il dépose une goutte rougeâtre pour symboliser mon troisième œil puis nous nous dirigeons vers le lac et je dépose mon offrande. Alors oui j'ai payé une donation, quelque chose de symbolique mais qui est important pour la communauté. Si certains d'entre vous rit de cet acte, sachez pour ma gouverne que j'ai bien été bénie des dieux ce jour là.

Je déambule dans les rues de Pushkar, qui offrent ce que l'on peut imaginer des contes des mille et une nuits : tissus, turbans, bijoux et étalages en tous genres. Je croise tous types de gens ; des bien sapés et des moins bien taillés, des saris de princesse et des gosses sans chaussures, des bobos et des babas, des vieillards aux sourires édentés et des motards déterminés, des singes et des vaches qui ont la priorité, des routards égarés et des yogis bien-pensants.

Je me sens bien ici, c'est un très joyeux bordel. C'est la dernière semaine de l'année 2015 et je crois être à l'endroit idéal pour déconnecter, me laisser porter et accueillir 2016 comme il se doit.

Boum Boum

Faire boum boum en Inde n'a pas du tout la même signification que chez nous, puisqu'il s'agit (attention je vais dire un vilain mot) de shit. En réalité, les adeptes du dieu Shiva lui attribuent sa consommation comme une offrande, à un tel point que c'est totalement autorisé ici, où plutôt que la police fait une totale abstraction de ce qu'il s'y passe ? Je ne sais pas, mais ce que je sais, c'est que cette ville est très ouverte sur la question ! On vous proposera par exemple un boum boum lassi ou encore des boulettes de chocolats spéciales si un chilum ne tourne pas déjà… Le chilum est ce drôle d'instrument qui fait office de pipe. Il accompagne tous les saddhus, ces sages qui quittent tout et ne possèdent rien ou presque pour connaître une vie spirituelle et atteindre l'éveil. Ici on les appelles les babas.

J'ai eu l'occasion de passer une journée chez un baba, on l'appelle Alu Baba, alu signifiant pomme de terre. Il faut savoir que l'homme ne sort pas de son temple et n'a mangé rien d'autre que des patates depuis plus de 25 ans. 

Full Power

Méditation et cours de yoga s'improvisent facilement pour aider le corps et l'esprit à s'ouvrir à tous les champs des possibles. Cours de musique, de dessin, de mat cramé, de peinture invitent à exprimer sa créativité. D'ailleurs tous les jours à 16h30 on peut entendre les percussions vibrer et résonner sur les façades du lac, il ne faut pas hésiter et laisser ses oreilles indiquer le bon endroit pour assister à la répétition.

Les terrasses sont agréables et la nourriture Rajasthanaise est un délice, moins appréciée bien sur quand comme moi vous êtes très sensible aux épices corsées. Mais on finit par s'y habituer petit à petit… il paraît.

Pour les plus aventuriers, vous avez la possibilité d'aller dormir dans le désert comme j'ai eu l'occasion de le faire. Une magnifique expérience ! Je suis partie à dos chameau depuis Pushkar pour rejoindre, à trois heures de là, le petit campement d'une famille de nomades. Les femmes m'ont habillé et maquillé comme le veut leur tradition. C'est donc vêtue comme une véritable princesse que j'ai fait du feu et cuisiné avec elles, avant d'entamer une véritable danse autour des braises, sous les étoiles et au milieu du désert... une expérience qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. 

Cette ville a laissé en moi une empreinte de paix et de bonheur comme jamais je n'avais senti ailleurs. Une vague de bien-être s'est emparé de moi et ne me quitte plus depuis. Je vous souhaite de vous rendre en Inde, de découvrir le Rajasthan, mais surtout de parcourir les ruelles de cette cité éternelle que j'ose qualifier de : magique. 

Namaskar Pushkar ! 

Flora

© Youngjae Choi 

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