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Pour cette jeune femme ayant vécu une dépression, le voyage vaut toutes les thérapies

Flora 16 juin 2015

Eloïse a 21 ans, elle vit à Paris pour ses études mais ressent un profond besoin de bouleverser son quotidien, dans lequel elle ne se reconnaît plus. Un jour de ras-le-bol elle prend une décision, la décision, celle du départ vers "loin". Ce qu'elle trouvera en chemin deviendra bien plus qu'une leçon de vie puisque ce sont toutes ses croyances et ses doutes qui seront remis en cause et qui la transformeront à tout jamais. Voici le témoignage d'une jeune femme qui a dépassé ses limites et ses peurs pour conquérir le monde. 

© Eloïse Rocco Pourreau

Mon aventure a débuté dès l'instant où j'ai décidé de partir, il y a un an. Un an que mon coeur vibre, un an où je suis passée par différents stades émotionnels, dont certains m'étaient encore inconnus. Un an mainenant que je ressens cette incroyable force en moi qui me fait me sentir vivante, qui me donne le courage de me battre, de vivre pour mes rêves.

Métro, boulot, dodo. 

 © Eloïse Rocco Pourreau

Alors que j’avais intégré une Prépa sur deux ans pour passer les concours d’écoles de cinéma, donc des études qui étaient censées me plaire, je n’avais aucun espoir en mes rêves, d’ailleurs je ne savais plus quels rêves j’avais... Suite à différents événements, j’ai eu une longue dépression qui a duré près de 3 ans, les deux premières années ayant été les plus sombres de mon existence. C’est à cette période que je me suis vraiment mise à faire de la photographie, c’était le seul moyen de m’échapper des pensées qui me rendaient mal. Je parle de ce passage de ma vie, non pas parce que j’ai besoin de compassion, ou besoin de me plaindre, mais parce que je pense que de nombreuses personnes passent, pour X raisons, par un moment sombre où tout est flou et que tout semble inaccessible. Je pense qu’il est juste important que je relève ce passage de ma vie, car c’est l’un des principaux acteurs qui m’ont poussée à partir.

À cette époque, je passais la plupart de mes soirées devant Facebook, en mangeant mon plat de pâtes, en admirant ces personnes qui font des choses admirables, excitantes et qui vendent du rêve en me disant «  ils ont trop de chance »... Puis j’allais me coucher pour vivre la même journée le lendemain, toujours aussi perdue, ne sachant pas ce que je ferais plus tard. Marre de cette vie ennuyeuse, marre d’être oppressée, marre d’être perdue, marre d’être la spectatrice des gens qui vivent leurs rêves, marre de ne pas avoir la force de changer, marre de voir le temps passer et ne rien faire ! Je voulais partir loin ! Très loin ! Je voulais avoir un choc pour être réveillée !

La décision

© Eloïse Rocco Pourreau

J’ai décidé sur un coup de tête que je voulais redoubler, afin d’avoir mon second semestre de libre vu que je l’avais déjà validé. C’est alors 5 mois qui se libéraient d’obligations personnelles. J’ai pris cette décision de partir alors que je n’avais pas un sou. Mes parents ne m’aidaient pas spécialement financièrement et, même s'ils le pouvaient, je préférais être indépendante. Depuis ma majorité, j’avais pris l’habitude de travailler pendant les vacances d’été et parfois même les petites vacances. Je vivais avec mes économies et souvent j’empiétais sur mon découvert. Mon budget était limité au strict nécessaire, je ne sortais pas spécialement et je ne faisais pas de grande folie. Mais forcément, le fait d’avoir décidé de partir 5 mois à l’étranger nécessitait que je me bouge de façon considérable pour récolter assez d’argent à temps.

Le jour où j’ai reconnu en avoir marre a été le top départ de mon combat. Ce qui est fou, c'est la façon dont la force nous vient quand on met le doigt dessus et qu’on appuie très fort sur le "pourquoi du comment ça ne va pas". En fait, toute la force est là, c’est sur cette douleur qu’on puise notre force pour se battre. La peur apparaît comme une simple barrière, qu’on peut soulever et passer. C’est juste un signal pour nous prévenir qu’il va y avoir un changement, et justement le changement c’est bien. Il faut voir la peur autrement, pas comme quelque chose qui nous bloque mais quelque chose qui nous motive à traverser, à foncer. 

Ce joyeux tenancier fait don de sa sagesse en rappelant l'importance d'être curieux devant l'inconnu. Écoutez-le bien, et apprenez à apprivoiser la peur !

Convaincue que c’est ce voyage qu’il me faut pour changer, pour prendre du recul, pour aller mieux, pour casser ces chaines du quotidien, je suis hyper motivée et ce, malgré la désapprobation de mon entourage. On m’a dit beaucoup de choses pessimistes : «  tu ne vas jamais trouver assez de sous » , « tu vas perdre ton temps », « ça craint pour une fille seule », « tu vas t’ennuyer seule », « s'il t’arrive un truc, tu seras toute seule et ça sera un vrai enfer », « t’es folle », « jamais je pourrais faire ça seule », « t’as pas peur de la barrière de la langue » , « ces pays ça craint pour les filles »,… à vrai dire je ne pensais pas à tout cela, non pas parce que j’étais inconsciente, mais parce que j’étais certaine que tout se passerait bien. Puis, être seule, c’était ce que je voulais vraiment. J’étais extrêmement positive et rien que ça, c’était un grand changement pour moi. Pour la première fois depuis longtemps, j’étais sûre de moi. J’allais même dans le sens inverse des pensées communes, à l’encontre de ce qui est normal de faire, je sortais du quotidien rien qu’en me battant pour ce que je voulais faire.

Le départ

© Eloïse Rocco Pourreau

J’ai réalisé la veille au soir de mon départ que je partais vraiment, quand j’ai dit au revoir à mes amis, quand j’ai réalisé qu’à mon retour surement plusieurs choses allaient changer. L’un de mes meilleurs amis m’a accompagnée à l’aéroport et j’ai reçu plusieurs appels avant mon départ, ma sensation était vraiment étrange à ce moment-là, j’avais l’impression de laisser une part de moi, de me débarrasser de ce qui n’allait pas dans ma vie et de partir juste avec le strict nécessaire pour pouvoir revenir plus en forme, meilleure, refaite. C’est une fois dans l’avion que je me suis totalement relâchée, j’ai fondu en larmes, je regardais ma terre natale, mes démons, cette personne que j’essayais d’être et qui ne me correspondait pas, ma famille, mes amis qui s’éloignaient de plus en plus. C’était la première fois que je partais aussi loin, aussi longtemps et j’étais seule.

J’ai choisi l’Asie du sud-est parce que j’avais besoin d’un choc, de voir une culture, une philosophie de vie différente de celle des pays d’occident et j'ai pensé que l’Asie était l’endroit parfait pour cet électrochoc. En plus de cela, la vie en Asie n’est pas chère : c'était l’un des endroits au monde où je pouvais séjourner aussi longtemps avec mon budget. Parce que je ne voulais pas travailler durant ces 5 mois, je voulais passer 5 mois à découvrir et bouger.

Mon appareil photo reflex m’accompagne pour chaque voyage, il était donc évident qu'il m’assiste dans cette aventure. Je ne me suis jamais autant éclatée à prendre des photos… J’adore immortaliser ces moments qui me rendent vivante, qui me rendent infinie, ces moments qui contribuent à ma joie de vivre, ces moments de partage, ces petits instants qui envoient des signaux au cerveau et au coeur en disant « Hey ! C’est extra ça ! ». Durant ce voyage, j’en ai connu des tas. Le but de ces photos n’est pas simplement de montrer aux gens que je voyage et que je prends mon pied, c’est de partager ces moments riches avec les gens pour qu’ils voyagent avec moi, pour qu’ils se rendent compte de ce qu’il se passe « ailleurs », de ce qu'il est possible de voir quand on prend son courage à deux mains et qu'on sort de chez soi. Parfois, les images sont plus fortes que les mots.

Le chemin

© Eloïse Rocco Pourreau

Pour le moment j’ai traversé le Vietnam, la Thaïlande et le Cambodge, je vais terminer mon trip avec le Laos. C’est difficile d’imaginer 4 mois à traverser des pays, de voir et vivre différentes cultures. C’est inimaginable, inexplicable, moi-même en les ayant vécu j’ai du mal à le réaliser. Il faut le vivre ! Je pense souvent à ces gens qui passent un an à voyager, ça doit être à couper le souffle. En ce qui me concerne, 5 mois ça m’a suffi pour me retourner l’esprit, me remettre les idées en place, j’ai eu ce qu'il me fallait.

Le voyage nous aide à nous ouvrir et je suis convaincue que c’est en restant ouvert, optimiste, positif qu’on reçoit beaucoup de la vie. Il faut avoir confiance en la vie, s'il nous arrive certaines choses ce n’est pas pour rien, il faut savoir se montrer patient et voir le bon côté des choses. C’est en connaissance de cause que je dis ça. Dès le début de mon trip, j'avais prévu d'aller au Népal pour voir la convention du tatouage à Katmandou qui se déroulait exactement la même semaine que le tremblement de terre, par la suite je voulais faire un trek vers le camp de base de l'Everest. Par hasard ou par chance, un voyage au long cours apporte toujours son lot de surprise et j'ai du changer mes plans... 

La vie est tellement imprévisible, on ignore de quoi sera fait le lendemain, c’est pour cela qu’il faut profiter de l’instant présent. On veut quelque chose, on y va ! Quand on pense au futur on est vite stressé, on a beaucoup de pression, car le futur n’est pas maitrisable, on ne peut rien prévoir. Mais par contre, on sait de quoi est fait le présent, donc il est plus simple de construire quelque chose de solide. En fait, il ne faut pas penser au futur, car c'est ce qu'on fait au présent qui comptera pour la suite. Prévoir et organiser l’avenir, c'est souvent du vent : les choses changent très rapidement. Alors pourquoi s’embêter à penser à des choses subjectives et abstraites qui nous torturent l'esprit ? Il faut vivre le moment présent ! Chaque chose en son temps. La meilleure façon de se rassurer sur son futur est de se dire que c'est ce que l'on fait dans le présent qui fera que notre futur sera génial

Le voyage : le meilleur des psys 

© Eloïse Rocco Pourreau

'univers est suffisamment grand pour que tout soit possible. Aucune pensée n’est trop folle. Il n'y a pas une sélection dès la naissance qui dit "toi tu peux faire des trucs extra, toi non », il ne faut pas hésiter à prendre son courage et y aller. Les choses n'arrivent pas et ne changent pas si l'on reste spectateur de la réussite des autres en mangeant son plat de pâtes, en se disant « elles ont trop de chance ». La peur nous bloque, on a peur d'avoir mal. La peur est un signal que le cerveau envoie pour annoncer qu’il va y avoir un changement. C'est super le changement, la peur peut devenir une sensation excitante, qu’on aime dépasser et surpasser. Puis même si on tombe, on se fait mal, c'est pas grave, c’est juste un mauvais moment. Ce n’est pas la fin du monde, ça nous permet d’apprendre de nos erreurs et de continuer à écrire notre histoire d’une meilleure façon. La vie est le plus beau cadeau qu’on ait pu recevoir, car on peut être maitre de son histoire, faire ce qu’on veut, on est le seul à décider de la tournure des choses. 

Le voyage est le meilleur des psys ! Cette expérience m’a énormément apporté, j’ai même encore du mal à m’apercevoir à quel point. J’ai tellement envie de me battre aujourd’hui, que parfois il me tarde de rentrer en France pour pourvoir me mettre à travailler sur mes rêves. Puis, cette expérience m’a vraiment donné envie d’aider les gens à ouvrir les yeux, leur montrer à quel point ils ratent quelque chose en ne croyant pas en leurs capacités de réussite. 

Voilà plus de 4 mois que je voyage autour de l’Asie du sud-est et dans moins d’un mois je rentre en France. Aujourd’hui, j’ai assez de recul pour dire que c’est la meilleure chose que j’ai pu faire. Le voyage m’a donné ce qu’il me manquait, ce dont j’avais besoin pour me trouver ou me retrouver. Je ne dirais pas que c’est le voyage en lui même qui m’a changée, c’est toute l’aventure que j’ai vécu à partir du moment où j'ai décidé que je voulais partir. 

Don’t be afraid, just conquer !

Eloïse


Retrouvez les photos du voyage d'Eloïse sur sa page Facebook en cliquant ici, ou sur son compte Flickr en cliquant là.


 

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