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J'ai pris un aller sans retour : pourquoi je quitte la France

Flora 8 novembre 2015

J'ai acheté un billet d'avion. Et pour la première fois de ma vie, je n'ai pris qu'un aller simple. À seulement trois semaines du départ, je souhaite vous faire partager le pourquoi du comment j'en suis arrivée à prendre cette décision. France, je te quitte ! 

Je me souviens parfaitement du jour où j'ai décidé de reprendre la route. C'était il y a quelques mois, je discutais autour d'un café avec mon amie d'enfance Marika et nous parlions de nos projets d'avenir à plus ou moyen terme. À ce moment-là, Marika portait magnifiquement un joli ventre rond. Inutile de préciser que ses projets à elle, allaient être dédiés pour les prochaines années à une jolie frimousse qui pointerait le bout de son nez. J'étais songeuse. J'ai longtemps cru que j'étais faite pour être mère, mais toute l'énergie que j'avais mise dans l'idée d'être à mon tour mère de famille s'est comme volatilisé cet après-midi là.

J'ai clairement compris que pour l'instant, je devais me consacrer à un tout autre projet, à l'opposé de la stabilité que peut engendrer une vie de famille : il faut que je taille la route. J'ai 28 ans, pas vraiment d'attaches, à part bien sûr mes amis et ma famille, mais j'ai toujours su au fond que je ne finirai pas mes jours en France… Comme une éternelle insatisfaite, j'ai constamment besoin d'avoir des rêves que j'entends bien réaliser, changeant au gré de ce qu'offre la vie, quoiqu'il m'en coûte. C'est bien un ras-le-bol général qui m'a poussé vers cette idée qui faisait vibrer mon être à l'idée de rejoindre le monde des expats' : ces drôles de personnages qui, comme moi, ne se reconnaissent que trop peu dans le fonctionnement de notre société.

Objectif : détachement

La France me manquera probablement lorsque la faim viendra questionner mon estomac et que l'idée d'un morceau d'emmental me fera saliver plus que de raison, ou, lorsque ne pouvant exprimer mes émotions autrement qu'avec la langue de Molière, je devrai me taire. Bien des choses me manqueront forcément… On sait ce qu'on quitte mais on ne sait pas ce que l'on trouve.

Je décide de quitter la France et sa paperasse, ses normes et ses exigences qui rendent tout ce qui pourrait être simple , compliqué et lassant. Celui que j'admire n'est pas celui qui quitte tout pour partir au bout du monde comme je m'apprête à le faire. Non, celui qui est vraiment à prendre en exemple est celui qui brave toutes les contraintes pour s'autosuffire. Celui qui sait troquer, qui apprend et qui enseigne, qui se détache du conformisme pour agir à l'image de ses propres valeurs. Celui-là est courageux, bien plus courageux que celui qui fuit. Car oui, je fuis et je l'assume. Je préfère remettre mon destin entre les mains du hasard sur une terre lointaine. Non pas que j'espère y trouver un quelconque eldorado, mais j'espère y retrouver la solidarité, le partage et l'amour.

En route pour le lointain

J'ai choisi l'Inde et plus precisément Dharamsala, au pied de l'Himalaya. Dharamsala est la ville où réside le Dalaï Lama, elle est un berceau du bouddhisme et concentre une population importante de Tibétains en exil. J'ai toujours été portée par la culture bouddhiste, profitant des enseignements de ma mère qui elle-même s'est interessée à la méditation dès l'âge de seize ans. Aussi, me tourner vers la spiritualité pour en tirer des enseignements durant mon voyage m'est apparu comme une évidence. J'ai soif d'apprendre à la source. J'y resterai le temps qu'il faudra que j'y reste, peut-être un mois, peut-être dix ans ? Je ne me ferme aucune porte, j'aime l'idée de laisser venir les choix ! Comme dit souvent un de mes amis : pas de plans, pas de problèmes. J'entends bien appliquer sa philosophie. 

À présent je vis complètement en marge. Je n'ai plus rien. Ni maison, ni meubles, ni objets si ce n'est que quelques livres et une poignée de vêtements. Ça y est ! Toute ma vie tient dans un sac à dos. Quel bonheur que de ne rien posséder. Mes pieds sont encore sur le territoire français tandis que mon esprit jouit déjà de la liberté qui s'offre à moi. Je n'ai plus de travail, plus de petit ami, plus de compte à rendre à personne. Bien sur que ma famille et mes amis vont vraiment me manquer. Mais mes précédentes expériences de voyage m'ont toujours démontré que la famille est une notion qui peut naître de n'importe quel lien tissé au bout du monde. Les gens que j'aime sont irremplaçables, mais j'ai la capacité d'aimer la terre entière !

Et si l'herbe était réellement plus verte ailleurs ?

Aussi je sais que mon voyage me mènera vers les bonnes personnes, au bon moment et que je finirai par trouver un endroit qui me ressemble. Voilà pourquoi je quitte la France. Je veux voir plus loin que le bout de mon nez. Je veux rencontrer ces gens qui ont toutes les raisons de se plaindre et d'être révoltés mais qui pourtant continuent de sourire à la vie, qui croient en un futur heureux et qui partagent le peu qu'ils possèdent avec n'importe quelle personne dans le besoin. Je veux m'émerveiller des petits bonheurs, je veux respirer de l'air pur, je veux vivre humblement et raisonnablement. Peut-être même qu'un jour, je reviendrai pour avoir le courage d'appliquer tout ce que j'aurais appris ici. Mais en attendant, il y a un avion qui m'attend. C'est parti !

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