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De Perth à Adélaïde, à bord de l'Indian Pacific

Hélène 1 janvier 2014

Faites-vous partie de ces amoureux des voyages en train, de ceux qui rêvent un jour de voyager à bord de l'Orient Express ou du Transsibérien ?

Adoptez un autre rythme, ralentissez, laissez-vous embarquer pour un voyage de plusieurs jours sur les rails, telle une parenthèse intemporelle dans un monde où les minutes filent inexorablement, tic-tac, où les aiguilles tournent, insidieuses et oppressantes, comme si le temps était notre ennemi...

Traverser l'Australie dans un train mythique

La plupart des Australiens – et sûrement la plupart des Occidentaux j'imagine - ne comprennent pas l'intérêt de passer deux jours entiers dans un train alors qu'il suffit de sauter dans un avion pour rejoindre la prochaine ville en quelques heures.

C'est bien simple entre Perth et Adélaïde, le voyageur a peu de choix. Il n'y a pas de cars qui relient ces deux villes. L'avion s'impose comme le moyen le plus simple et le plus rapide. Les trains d'ici se rapprochent de nos RER, des métros à ciel ouvert qui desservent uniquement les banlieues et les villes voisines.

Les vrais trains sont rares et s'apparentent à des trains de légendes, empruntant les voies qu'avaient construits les colons au début du 20ème siècle. Ces aventuriers des temps modernes s'en servaient alors pour relier les différentes colonies isolées de ce grand pays pour en faire une fédération.

Il n'y a que trois grandes lignes qui traversent le pays de part en part : le Ghan, du Nord au Sud, de Darwin à Adélaïde, l'Overland qui rallie Melbourne et Adélaïde, et l'Indian Pacific qui, comme son nom l'indique, relie les deux océans et traverse le pays d'Ouest en Est, de Perth jusqu'à Sydney.

Photo: Hélène Heurtaux Photo: Hélène Heurtaux Photo: Hélène Heurtaux Photo: Hélène Heurtaux

Comme au temps des colons, il est le seul train à relier Perth l'isolée dans ce grand Ouest sauvage aux villes de la côté Est.

[quote text_size="medium"]L'Indian Pacific, train de légende pour rêve de voyageur.[/quote]

Et c'est à bord de celui-ci que j'embarque pour me laisser porter jusqu'à Adélaïde !

Voyager en train : l'éloge de la lenteur

J'ai toujours aimé prendre le train. Entre l'inconfort des cars et le stress de l'avion, je trouve dans le train un moyen apaisant de voyager, de prendre son temps. Une bulle entre deux destinations, où l'esprit peut vagabonder par monts et par vaux des heures durant.

Balayez l'idée du train à grande vitesse pour traverser le continent, l'allure de l'Indian Pacific est en moyenne de 85 km/h... Deux jours et deux nuits pour relier Perth à Adélaïde. Un jour et une nuit de plus pour aller jusqu'à Sydney.

Et j'adore ça.

Déambuler entre les wagons. Faire de sa fenêtre un écran de cinéma où défilent des paysages typiquement australiens. Décors ponctués d'eucalyptus qui se transforment au fil du voyage en terre rouge et aride, en étendues désertes et inhabités jusqu'à la ligne d'horizon. Paysages que je peux contempler pendant des heures. Paysages dont je suis définitivement amoureuse. Et ce ciel, immense et magnifique, comme une toile offerte pour les plus beaux tableaux que l'on puisse voir de ce côté du monde.

Photo: Hélène Heurtaux Photo: Hélène Heurtaux

La première nuit, une pause de 3h à Kalgoorlie. L'occasion de se dégourdir les jambes sur ses avenues désertes, pendant que certains voyageurs ont choisi le tour en car qui les amène voir la plus grande mine d'or à ciel ouvert d'Australie.

Photo: Hélène Heurtaux Photo: Hélène Heurtaux

Au petit matin, dans le wagon de la classe économique les mines sont défaites et les traits froissés. Pas facile de trouver une position confortable sur son siège inclinable, et la nuit n'est pas très reposante. On échange des banalités, on affiche un sourire, celui de ceux qui savent qu'ils partagent une expérience hors du commun.

Je prends mon petit-déjeuner avec en toile de fond la Plaine du Nullarbor, aride et infinie, nullus arbor, « sans arbre » en latin, les Aborigènes eux l'appelaient Oondiri, « sans eau ».

Photo: Hélène Heurtaux Photo: Hélène Heurtaux

Deuxième et dernier arrêt à Cook pour se ravitailler en fuel et en eau. Avant il y avait ici quelques habitants, une école et même un hôpital. Mais depuis la privatisation des chemins de fer en 1997, Cook est une ville fantôme. Le personnel était devenu inutile. Aujourd'hui, seule une boutique de souvenirs sur le quai créé l'animation au passage du train, 2 fois par semaine.

C'est le seul et unique arrêt dans le désert du Nullarbor, avant de reprendre la plus longue ligne droite de chemin de fer au monde avec ses 479kms de ligne droite.

Photo: Hélène Heurtaux Photo: Hélène Heurtaux Photo: Hélène Heurtaux Photo: Hélène Heurtaux

Bientôt les plaines désertes relaissent place à des forêts denses d'eucalyptus sur lesquelles le soleil vient poser ses derniers rayons et faire flamboyer cette terre rouge que je ne reverrai certainement plus aux abords des villes que je m'apprête à rejoindre.

L'obscurité extérieure enveloppe le train et les voyageurs se préparent à passer une seconde nuit inconfortable mais pourtant privilégiée sur leur siège inclinable. Les dernières lumières s'éteignent dans l'Indian Pacific tandis que celui-ci continue sa route tranquille vers l'Est.

Le lendemain je me réveillerai à Adélaïde...

Pour lire la suite de mon voyage en Australie, venez faire un tour dans Mes Bottes de Sept Lieues

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