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Bilan de voyage d'une expatriée en Inde

Flora 6 avril 2016

J'attends l'avion car ce soir je rentre. Vous qui êtes déjà parti au long cours, vous connaissez cette sensation ? Si en plus comme j'en ai l'habitude de le faire, vous voyagez seul, alors vous savez qu'il est encore plus facile voire inévitable, de faire un bilan du chemin parcouru.

Je viens de passer un peu plus de cinq mois en Inde. Vous souvenez-vous de mes quelques lignes à propos d'un départ sans billet retour ? Et bien cette fois-ci j'ai deux billets d'avion : je rentre en France pour un mois à peine, puis je reviendrais sur cette terre incroyable qu'est le nord de l'Inde. Ici, à quelques heures du décollage et depuis ma chambre d'hôtel, je dresse le tableau des mois les plus révélateurs de ma petite vie :

Je suis arrivée à Delhi à 4h30 ce matin après plus de dix heures de bus. J'ai la tête en vrac mais le cœur remplit de gratitude. Car depuis mon arrivée il n'y a pas un instant où j'ai cessé d'aimer l'Inde. À part peut-être, je dois l'avouer, mon tout premier jour où j'ai tout de suite été confrontée à la mort...

Car oui, New Delhi est une ville sauvage qui prend aux tripes. Mais malgré mes nombreux doutes dus aux histoires d'amis voyageurs ayant moyennement apprécié leur séjour, je n'ai pas voulu me laisser envahir par la peur et j'ai foncé droit dans le tas, exactement comme on tombe amoureux : l'angoisse de perdre mais le besoin de tout risquer, un subtil mélange d'attirance et de réticence créant un shoot d'adrénaline auquel on devient vite accro. Mais ça, je crois que c'est un peu pour tous les voyages, non ?

Et si le bonheur c'était tout ce qu'on faisait pour la première fois ?

La fierté que j'ai ressenti à me débrouiller seule dans cette jungle, comme une brebis apeurée qui se faisait passer pour une louve, reste un souvenir que je chéris lors de coups de mou inopportuns. D'ailleurs ce soir, seule dans ma chambre d'hôtel, j'ai un peu ce coup de mou. Je me sens partagée entre le désir de prendre mes proches très fort dans mes bras et l'envie de rester là pour être sure que tout cela est bien réel. Mais on m'a fait parvenir une vidéo. Jamais je n'aurais pu exprimer aussi bien par les mots ce que j'ai vécu en Inde. C'est un véritable hommage à l'Inde du point de vue d'une petite fille étrangère à ces terres.

Je suis cette petite fille. Je regarde avec autant d’innocence la beauté de ces paysages, allant du désert du Rajasthan aux plateaux himalayens, ces visages et ces yeux me fixant par centaines qui s'illuminaient grâce à un « namasté », partout ces vaches, ces singes, ces chiens qui font autant la loi que toi et moi. L'Inde n'a que peu besoin de règles et de procès pour avancer. Mother India est une entité à elle seule qui sait se débrouiller mais surtout qui sait patienter. Des pannes d'électricités interminables, des animaux sur des voies ferrées ou un restaurant sans provision, personne ne se plaint car à quoi bon ? Tout vient à qui sait attendre pourrait être un dicton Indien.

Ou bien donner le meilleur de soi-même ?

Je crois que c'est seulement quand tu lâches prise et que tu glisses sur cette lente vague que tu peux aimer ce pays. Il m'aura appris la patience et encore plus de tolérance. De l'humilité face aux histoires des Tibétains exilés, à l'acclimatation au froid des sommets, à un rapport constant au sacré, à l’accoutumance aux plats trop épicés, c'est tout mon être qui a été changé. Je suis cette petite fille qui apprend à grandir avec un autre regard.

J'habite à Naddi, un petit village à 2000 mètres d'altitude au-dessus de McLeod Ganj, connu pour être le lieu de résidence du Dalaï Lama. Tout est tranquille. La bienveillance règne et personne n'élève la voix si ce n'est pour chanter chaque soir et chaque matin. Je travaille auprès de personnes qui savent mettre l'humain en avant sans penser uniquement en terme de bénéfice. J'ai la chance d'être baignée dans un environnement spirituel qui vise le bien des êtres et qui pousse à donner le meilleur de soi-même.

C'est tout ce dont a besoin cette petite fille en moi. Où que vous soyez, je crois que si sincèrement vous vous reconnectez à l'enfant que vous étiez, alors tout devient enfin beau et possible. Le petit culot que j'ai eu à tout quitter pour me lancer dans l'aventure à payé. Car c'est plus qu'un aller sans retour que j'ai pris il y a quelques mois, c'était un départ vers moi, vers chez moi.

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