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A la découverte de trois mégapoles chinoises, où se mêlent moderne et traditions

Corentin Vilsalmon 14 novembre 2016

Avant de partir là-bas, je n'avais aucune idée de ce qui pouvait m'attendre en Chine. Le programme jouait sur un bel équilibre entre la modernité dont le pays veut faire preuve et avec le côté plus traditionnel qu'on peut encore y trouver. Ce qui est sûr, c'est que dire que c'était un dépaysement complet est un sacré euphémisme.

Le vol pour aller jusqu'à Pékin met déjà bien en place les bases : neuf heures à plusieurs kilomètres au-dessus du plancher des vaches. Décalage horaire et coupure quasi nette avec l'extérieure (certains sites Internet sont bloqués là-bas, à moins de savoir utiliser un VPN).

A la sortie de l'aéroport, le premier contact avec la vie chinoise se fait via la circulation. Dense, crispée : il faut au bas mot une heure pour rejoindre le centre-ville. Et encore, ce n'était pas encore l'heure de pointe, à priori. La vie routière est d'ailleurs très impressionnante… Et sonore. Les klaxons crient par dizaines dans les rues et sur les autoroutes. Dans les artères principales des grandes villes chinoises (Beijing, Hangzhou et Wuhan en l'occurence), les deux roues ont droit à leurs voies séparées du gros des véhicules.

Cela paraît très organisé mais il reste quand même l'impression de parfois assister à une immense pagaille. Surtout que les piétons et les deux roues se déplacent parfois sans tenir compte les uns des autres, surtout les piétons. Ainsi, les cyclistes et motocyclistes s'évertuent à faire sonner presque continuellement leurs klaxons ou sonnettes pour éviter une collision. En général, elle n'arrive jamais, mais c'est bien parce que les piétons se dégagent du chemin rapidement. Ou alors parce que le conducteur du deux roue s'écarte au dernier moment.

Les anciens et les modernes

L'autre changement principal que l'on peut remarquer lorsqu'on débarque pour la première fois dans une grande ville urbaine chinoise est son immensité. A Pékin, c'est encore plus facile à repérer, surtout aux abords de la fameuse Cité interdite, sur la célèbre place Tian'anmen. Entourée de différents monuments à la gloire de la Chine et de Mao Zedong, la place est tout simplement immense. Il n'y a pas d'autre mot pour la décrire. Peut-être vide, mais ce serait oublier tous les promeneurs et touristes qui s'y baladent quotidiennement. Au centre figure le massif monument aux Héros du Peuple, un obélisque de 38 mètres de haut. C'est impressionnant de grandeur et d'espaces. Ce n'est pas le seul endroit qui témoigne de cette sorte de culture de l'immensité. La Cité interdite elle-même est immense. 72 hectares de bâtiments superbes aux décorations magnifiques qui s'étirent le long de "salles" à ciel ouvert immense.

C'est l'un des joyaux de la capitale chinoise, qui témoigne d'une histoire riche et d'arts ancestraux raffinés. On peut voir partout (si on arriver à esquiver les touristes) des escaliers sculptés, des bas-reliefs sur les devantures de certaines portes, des corniches décorées de vert, de bleu et d'or, etc. Et si l'art vous intéresse, on peut également aller voir du côté du musée interactif de la Cité, où il est possible d'admirer des reproductions numériques de certains objets des différentes dynasties impériales : vases, vêtements, lanternes, faïences, etc. De quoi bien allier la modernité des nouvelles technologies avec l'Histoire du pays.

Dans tous les cas, les deux univers, urbain moderne et urbain traditionnel, se mêlent facilement. On peut facilement se retrouver dans un petit endroit très typique, notamment à Pékin, au détour d'une grande rue où le trafic est incessant. Le quartier de Nanluoguxiang l'illustre à la perfection. Situé à un petit peu plus d'un kilomètre de la Cité interdite, c'est l'endroit rêvé pour découvrir l'une des architectures typiques de la Chine avant l'urbanisation, les hutongs. L'allée principale, qui porte le nom du quartier offre un aperçu de différents modes de vie à Pékin, même si elle est elle aussi très fréquentée par les touristes. A raison : c'est un coin vraiment magnifique, où les arbres viennent recouvrir presque toute la largeur de la rue et où se sont installés différents magasins, parfois typiques, d'autres moins (notamment un Starbucks caché dans l'un des bâtiments). Et à moins d'un kilomètre de là se trouve le quartier de Shichahai, petite pépite de tranquillité, situé aux abords de trois lacs paisibles et où les commerces et les bâtiments ont un côté encore plus rustique et traditionnel que dans la rue de Nanluoguxiang.

Plus on s'éloigne du cœur historique de Pékin, plus on voit les buildings se profiler. Heureusement, tout n'est pas que gratte-ciels dans la ville, et on peut y découvrir d'autres coins plus insolites. C'est le cas par exemple du 789 Art District. Changement total de décor : ici on y trouve d'anciennes usines et manufactures de produits électroniques. Désaffectés, les lieux ont été réinvestis par différents artistes à partir du début des années 2000, pour devenir aujourd'hui un véritable centre artistique, avec différentes expositions. Coincé au milieu de ces décors industriels, on a un peu l'impression de se retrouver au milieu d'un quartier new-yorkais ou berlinois.

Villes lumières

Telf Experiencesteflexperiences.com
David Fernandes Photographyflickr.com

Ça c'est Pékin. Mais dans d'autres villes fortement urbanisées, on trouve également de petites oasis de verdure et traditionnelles. C'est le cas dans les villes de Hangzhou et Wuhan. Pourtant, à l'arrivée, depuis l'aéroport jusqu'au centre-ville où se trouvent la plupart des hôtels, c'est le faste des gratte-ciels. Et si de jour on peut penser que ce ne sont que des immeubles, haut et parfois originaux certes, ils offrent un tout autre spectacle une fois la nuit tombée. Les bâtiments sont illuminés de LED. Le sommet des tours, des façades entières d'immeubles, des dômes complets se la jouent comme à Times Square. Sauf que cela s'exporte à l'ensemble des villes, pas seulement au centre. Certaines tours se transforment en écrans géants, affichant des mini-films et publicités sur plusieurs étages d'illuminations.

Les centres commerciaux et certaines rues ne sont bien sûr pas en reste, c'est d'ailleurs là qu'on peut principalement en prendre plein les yeux. Il y a des lampadaires aux formes diverses et variées, multicolores, des dômes qui prennent vie grâce aux LED, pour venir afficher comme un court-métrage animé de chevaux en plein galop. A Wuhan, c'est le centre commercial Wanda Plaza qui représente bien cela. L'endroit a des airs de parc d'attractions pour adultes. Tout est illuminé la nuit, la foule y est immense.

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